Ce court texte a été rédigé en anglais par le père Clarence d’Entremont et publiés dans le Yarmouth Vanguard  le 27 novembre 1990. Traduction de Michel Miousse

 

100. LE CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ÉGLISE SAINT-PIERRE DE PUBNICO OUEST.

 

L’actuelle église catholique de Pubnico Ouest est la troisième à avoir été construite dans ce village.  La première était située au nord de ce qui est connu comme le Chemin de la Vieille Église*, au-dessus de la butte, à 75 pieds du chemin.  Elle mesurait 25 par 37 sans la sacristie.  Elle pouvait accommoder 200 personnes.  Elle fut érigée à l’époque du Père Sigogne, qui en a béni la pierre angulaire en 1810 et l’église elle-même en 1815.  Quand elle fut abandonnée en 1840, elle était occupée comme maison par Joseph Lévi d’Entremont, fils de Paul (qui anciennement possédait cette terre.)  Elle fut finalement déménagée près de la maison de Alfred N. d’Entremont, fils de Nicolas, pour servir d’atelier.  Son dernier propriétaire était Bernard L. d’Entremont, qui l’a démolie au mois de mars de cette année (1989.)

La seconde église fut construite en 1840, juste de l’autre côté du chemin de la première église, dans ce qui est actuellement connu comme  Le Vieux Cimetière.  Elle mesurait 40 pieds par 50, avec un clocher de 77 pieds de haut à partir du sol.  Elle fut démolie à partir du mois d’octobre 1902 jusque dans l’année suivante.  Le matériel fut utilisé pour construire le presbytère de Pubnico Est.   

Tôt dans les années 1870, les habitants de Pubnico Ouest ont demandé à la Maison Mère des Sœurs de la Charité de Halifax, des Sœurs pour s’occuper d’une des écoles de la paroisse.  La réponse fut favorable, à condition que le couvent soit construit près de l’église.  En 1873, le couvent fut érigé à l’endroit où il est maintenant situé, qui se trouve à environ deux miles d’où était située la deuxième église.  Cependant, déjà à cette date, il avait été décidé que la nouvelle église serait située tout près.  Mais Pubnico Ouest allait devoir attendre 15 autres années avant que le « o.k. » soit donné pour la nouvelle et troisième église.  Cela se passait à l’époque où le Père William McLeod était pasteur.

Le Père Jeremiah J. Sullivan prit le relais en juin 1887, et déjà en octobre il achetait quatre acres de terre de mon grand-père Nicolas d’Entremont, pour la somme de $160.00 sur lesquels la nouvelle église allait être construite.  L’architecte Joseph B. Kinney, de Yarmouth, présenta en avril de l’année suivante, les plans de la nouvelle église.  Nous lisons que « L’édifice aura 96 pieds de long par 60.  Un Sanctuaire à l’arrière de 30x20 pieds.  Une Sacristie de 19x14 pieds.  Un vestibule à l’avant de 55 pieds et un porche de 21x2 pieds projeté à l’avant du vestibule, avec une tour de 58 pieds de haut, par 14 pieds carrés, et une flèche de 58 pieds de haut, surmontée par un final de 8 pieds au-dessus, pour une hauteur totale de 118 pieds du sommet à la base. »  Elle allait accommoder 800 personnes.

L’église allait être chauffée par trois fournaises principales, deux d’entre elles allaient être placées aux portes d’entrée et l’autre devant l’autel.  Il y aurait deux cheminées, avec une ouverture de 12 pouces par 16.  Une photographie prise juste après que l’église fût construite, montre de longs tuyaux de poêle qui partent de ces poêles vers les cheminées.

Le plan fut signé le 24 avril 1888.  Déjà à cette date, la cave avait été creusée et les fondations avaient été installées, qui étaient faites de pierre de granit qui venait de la Butte à Comeau.

Un jeune homme, à peine âgé de 30 ans, allait diriger la construction.  C’était Louis Philippe LeBlanc de Pubnico Ouest, fils de Pierre, appelé Pierrotte.  Les charpentiers qui avaient été engagés, pour la plupart plus âgés que lui et ayant sûrement plus d’années d’expérience, lui ont dit qu’il était pratiquement impossible d’ériger un tel édifice avec les moyens qu’ils avaient à leur disposition.  Mais Louis, qui avait passé plusieurs années aux États Unis, où il avait sûrement eu à travailler à des constructions aussi grosses sinon plus grosses, savait que ça pouvait être fait et qu’il pourrait le ferait.

Il y avait dix charpentiers, huit de Pubnico Ouest.  Voici leurs noms, pour le bénéfice de leurs petits-enfants et de leurs arrière-petits-enfants :

Joseph P.LeBlanc, le contremaître, qui allait mourir en 1897, peu de temps après que l’église fût construite.  Sa veuve et ses enfants sont déménagés à Yarmouth.

Moise L. d’Entremont, fils de Mandé, qui a encore une fille aux États Unis.

Joseph R. d’Entremont, fils de Joseph Rémi, un constructeur de maison bien connu à son époque, le père de l’agronome Benoît d’Entremont, maintenant décédé, ayant encore une sœur vivante.

Vincent d’Eon, fils de Dominique, de qui beaucoup d’enfants vivent encore à Pubnico Ouest.

Cyriaque d’Entremont, petit-fils de Benoni, qui est mort à plus de cent ans d’âge, de qui plusieurs petits enfants vivent à Pubnico Ouest.

Charles Albert LeBlanc, frère de Louis, qui a encore une fille aux États Unis.

Anselme LeBlanc, autre frère de Louis, dont plusieurs des petits-enfants vivent à Pubnico Ouest.

Étienne Hilaire d’Entremont, fils de Hilaire, le plus jeune du groupe, pas encore âgé de 20 ans lorsqu’il a commencé à travailler sur l’église, marié à New Germany, Lunenburg Co., décédé en 1906, enterré à Pubnico Ouest.

Débutée en 1890, la construction n’allait pas être complétée avant 1892.  À Noël 1891, le travail était assez avancé pour que la Messe de Minuit ait lieu dans la nouvelle église, c’était sa première Messe ; les gens devaient utiliser des bancs ordinaires, étant donné que les bancs d’église n’avaient pas encore été installés.  Ce fut à l’été de 1891 que le presbytère fut déménagé à son emplacement actuel (Voir l’article No. 29.)  

Cette église était à l’époque une des plus belles et des plus grosses du sud-ouest de la Nouvelle Écosse.  Son clocher était le plus grand de toutes les autres églises de la région. 

Je ne sais pas combien ça a coûté pour la construire.  Avant la construction, le Père Sullivan avait déjà commencé à ramasser l’argent pour la payer.  Par exemple, en 1888, il a organisé un « Grand Bazar » en même temps qu’une loterie pour payer l’érection de l’église.  Il y avait au-delà d’une douzaine de prix à être donnés en loterie, le plus dispendieux étant une « Grande Orgue, de plus de $150.00, qui aujourd’hui s’évaluerait à plus de $3000.00.  Le Père Louis Ducheneau, qui est arrivé en 1895, a organisé l’année suivante une « chaîne de lettres. »  Celui qui recevait cette lettre devait envoyer 10 sous au pasteur et trois copies de cette lettre à des amis, en leur demandant de faire la même chose de leur côté et de donner le numéro suivant celui de la copie qu’ils avaient reçu aux copies qu’ils allaient faire parvenir.  Cette chaîne devait s’arrêter au numéro 100.  Si tout s’était déroulé tel que prévu, à la centième lettre, le plan aurait rapporté des billions de billions de dollars.  En effet, un petit calcul nous révèle qu’à la dixième lettre, si tout le monde avait suivi le processus, la somme rassemblée en 10 sous aurait atteint près de un million de dollars ; ce qui aurait voulu dire que près de 10 millions de personnes aurait été contacté, ce qui est environ 20 fois la population du Canada de l’époque. 

Plusieurs changements ont eu lieu depuis, le plus significatif étant l’extension de l’arrière de l’église en 1928, à l’époque du Père Denis Comeau, qui allait servir à l’époque de chapelle.  

C’est le dernier article de cette série, débutée la première semaine de janvier de l’année passée.  J’ai encore beaucoup d’histoires vraies dans mes fichiers, mais je sens que les gens, après avoir observé pendant quelques temps un sujet, se sont fatigué et ont regardé ailleurs pour du changement.  J’espère que vous avez eu autant de plaisir à les lire que j’en ai eu à les écrire.