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Ce court texte a
été rédigé en anglais par le père Clarence d’Entremont et publiés dans
le Yarmouth Vanguard le 12
juin 1990. Traduction de Michel Miousse 75. VARIATIONS DANS LES NOMS DE
FAMILLE FRANÇAIS DANS LE SUD OUEST DE LA NOUVELLE ÉCOSSE C’est
surprenant à quel point l’orthographe de plusieurs noms de famille français
ont changé au cours des années. C’est
surtout dû au fait que durant cette époque plusieurs de ceux qui portaient ces
noms n’étaient pas éduqués et ne savaient pas comment épeler leur nom.
Il s’en suit qu’un même nom pouvait être épelé même jusqu’à
ce jour de plusieurs façons différentes.
Voici un certain nombre d’exemples que nous retrouvons aujourd’hui
dans le sud-ouest de la Nouvelle Écosse. Le
nom de famille AMIRAULT a été écrit plusieurs fois en Nouvelle Écosse
jusqu’à ce jour et même dans d’autres parties du Canada et des États Unis
sous la forme AMIRO. Nous le
trouvons écrit aussi, surtout au Massachusetts sous la forme AMERO.
Dans la Province de Québec, la forme MIRAULT est souvent utilisée.
Ces formes sont toutes erronées. Jean-François
D’AUTEUIL, né en France vers 1786, arrive dans le Comté de Yarmouth en 1818,
où il épouse l’année suivante Luce Mius, fille de Charles-Amand et de
Marie-Joseph Mius. Ils s’établirent
dans le comté de Digby. Leur plus
jeune fils, Célestin, qui s’établit à Digby Neck, a perpétué le nom sous
la forme DOTY. Jean-Baptiste
AYERS arrive de France entre 1815 et 1820 et s’établit à Saulnierville.
Son seul fils, Adolphe, déménage à Plymouth, comté de Yarmouth.
Jacques, le fils d’Adolphe, s’établit au Havre de la Petite Rivière*. Cette famille porte aujourd’hui le nom de HARRIS, forme qui
fut adoptée en premier, semble-t-il par Adolphe. Le
nom de BABIN, dont l’orthographe est correcte et qui est universellement
utilisé ainsi par les Acadiens du sud-ouest de la Nouvelle Écosse, se retrouve
à l’époque en d’autres endroits écrit BABINE ou BURBINE, les deux étant
erronés. Notez que ce nom Français,
écrit BABIN, est aussi un nom Juif, écrit exactement de la même façon. Michel
BOUDROT, le premier du nom en Acadie, épelait ainsi son nom.
La forme BOUDREAU est universellement utilisée aussi, pas seulement en
Nouvelle Écosse, mais aussi dans le reste du Canada, aux États Unis et même
en France. Jean
BOUTIER, né vers 1771 à St. Malo, France, vint dans le Comté de Yarmouth au
tout début du 19ième siècle et s’établit à La Pointe des Muise
(La Pointe des Ben), où il était connu sous le nom de « Queto. »
Cette forme du nom a complètement disparu de notre entourage et a été
changé en BOUCHER. PAUL
CLERMONT qui a été exilé au Massachusetts, est revenu avec sa famille dans le
Comté de Yarmouth après l’Expulsion. François
CLERMONT, dit « Sauge », qui a été assassiné par des corsaires
sur l’Île Wilson, comme je l’ai dit dans mon article No. 18, était son
fils. Ce
nom de famille dans cette forme a presque complètement disparu pour être
substitué par celui de CLEMENTS. Le
nom d’Entremont se trouve écrit
à l’époque D’ENTREMONT ou encore De ENTREMONT, les deux formes sont erronées.
La particule « d » ou « de », qui était utilisé
pour désigner une origine de noblesse, est toujours écrite avec un petit
« d », qui fait référence à l’endroit d’où venait le porteur
de ce nom, ainsi l’initiale du nom de famille est « E », et non
« D », tout comme l’initiale du nom d’AUTEUIL est « A. »
Ces noms devraient toujours être classifiés en ordre alphabétique,
sous la lettre « A » ou sous la lettre « E », comme
« AUTEL, d’ » « ENTREMONT, d’. » DOUCET
est l’orthographe d’origine de ce nom.
Dans le Comté de Yarmouth, il est écrit Doucette, parce que,
originellement, et même encore en certains endroits, DOUCET est prononcé
« Doucette. » Ce qui
est donné comme SURETTE était écrit à l’origine SURET, prononcé depuis
toujours « Surette. » Mais
dans ce cas l’orthographe SURETTE a été adoptée partout.
Nous avons d’autres noms de familles se terminant en ‘et’ qui sont
pronocés « ette » ; par exemple PAQUET, comme il est écrit la
plupart du temps dans la Province de Québec et qui est prononcé « Paquette »,
est retrouvé ici et là écrit PAQUETTE. Dans
les registres d’église nous trouvons DULAIN et DULIN comme nom de famille de
ceux qui maintenant ont adopté dans le Comté de Yarmouth la forme DULONG comme
leur nom. Le
nom de famille DUON a été changé
à Pubnico en celui de d’Eon. Nous
trouvons le nom d’EON au lieu de DUON pour la première fois en 1830, dans les
dernières volontés de Paul DUON, fils de Abel, le premier du nom qui revint à
Pubnico d’exil. Ça pourrait
venir du fait que dans les documents Anglais nous retrouvons souvent le nom écrit,
et même avant cette date, « De Young. »
Placide Gaudet nous dit qu’il a rencontré à Pubnico un vieux
capitaine, qui lui a dit qu’il avait été en France ( ?) où on lui a
dit que le nom devrait être d’EON, au lieu de DUON.
En Louisiane, il est écrit DUHON, bien que la forme propre soit DUON.
La dernière fois que nous avons trouvé
la forme DUON dans nos registres est en 1889. L’appellation
originelle de FRONTAIN est toujours en usage dans le sud-ouest de la Nouvelle Écosse,
bien que l’on trouve aussi FRAUGHTON, FRAUTON, FRONTEIN, FROTTEN.
Bien que FRONTAIN soit la forme donnée dans les registres d’église à
Julien, qui revint d’exil et qui est l’ancêtre de la famille dans le sud
ouest de la Nouvelle Écosse, son nom est épelé FORTIN dans les archives du
Massachusetts à l’époque de l’Expulsion.
Il pourrait avoir été un descendant de Jean FORTON, dont on retrouve le
nom dans les registres d’église de Port Royal avant l’Expulsion. GUIDRY
est un très vieux nom Acadien. Il
a pris plusieurs formes différentes depuis
qu’il a été introduit en Acadie. Dans
le Comté de Digby il est usuellement écrit GEDDRY ou JEDDRY.
Ailleurs nous trouvons aussi GIDRY, GUEDRY et GUITRY. On
peut trouver en Nouvelle Écosse, même dans le Comté de Yarmouth, le nom de
famille GEHUE. Personne n’aurait
pu deviner que ce nom vient d’un nom Acadien qui est écrit GUILBEAULT
lorsqu’il fut trouvé pour la première fois en 1671.
Au
cours du temps, il a pris plusieurs formes différentes, à part GEHUE, comme
GILLOT, GIOT, GUILBAUT, GUILBEAULT, GUILLAUT, GUILLEAU, GUILLEBAUT, GUILLEBEAU. Les
membres de la famille LE FEBVRE ou LE FEVRE ou LEFEVRE, qui a été introduit
dans le Comté de Yarmouth par Louis LEFEVRE vers 1818, qui avait été un
soldat de l’armée de Napoléon (voir l’article No. 37) écrivent toujours
leur nom LE FAVE. Le
nom de famille MIUS fut introduit en Acadie en 1651 par Philippe MIUS
d’ENTREMONT. Il est maintenant écrit
dans le sud-ouest de la Nouvelle Écosse surtout en MUISE, quelquefois en MEUSE.
Dans la Province de Québec, particulièrement dans la région de Gaspé,
il est écrit MIOUSSE. Ce mot de
quatre lettres, je l’ai retrouvé écrit de 25 façons différentes.
MIUS est un nom Germanique dérivé du mot MAIUS ou MAJUS, qui signifie
« plus grand », tout comme en latin.
Comme « ai » en Allemand est prononcé « i »,
MAIUS devient MIUS. Nicolas MIUS de
Suisse, bien que d’origine Germanique (1574) aurait pu être le grand-père de
Philippe MIUS d’ENTREMONT dont le père (dont nous n’avons pas le nom),
aurait été adopté par Jacqueline d’ENTREMONT, de Savoie, France, qui aurait
ajouté son nom d’ENTREMONT au nom de MIUS.
Philippe MIUS d’ENTREMONT est né en Normandie, où des membres de la
famille MIUS peuvent être trouvés près des côtes, entre Fecamp et St. Felery,
au sud-ouest de Dieppe. POTHIER,
qui est l’appellation originelle du nom, est donné par les gens de Belleville
comme POTTIER. ROBICHAUD,
THERIAULT et THIBEAULT sont écrits aussi avec « eau » comme dernières
lettres. Nous trouvons aussi dans
de vieux documents ces lettres remplacées par « o. » Tout
ce qui vous est donné ici ne s’applique qu’aux noms Acadiens que nous
retrouvons dans le sud-ouest de la Nouvelle Écosse.
On peut trouver autant de variations dans d’autres noms Acadiens
ailleurs. |