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Ce court texte a été rédigé en anglais par le père Clarence d’Entremont et publiés dans le Yarmouth Vanguard le 26 juin 1990. Traduction de Michel Miousse
78.SIMON « SQUIRE » D’ENTREMONT La
semaine passée je vous ai parlé de Bénoni d’Entremont dont le vaisseau, le
« Bonaventure » fut capturé par des pirates et repris par Bénoni
avec l’aide de quelques hommes. Il
avait un fils dont le nom est bien connu dans nos annales pour avoir été le
premier Acadien à siéger au Parlement de la Nouvelle Écosse, et aussi pour
avoir été celui qui fit en sorte que ce qui fut appelé le « Grand
Serment » et que les membres de l’Assemblée devaient adopter, fut
supprimé. Il s’appelait Simon
d’Entremont. Il
est né à Pubnico Ouest, le 28 novembre 1788.
Sa mère s’appelait Anne Marie Poithier de Wedgeport.
Ayant hérité de son père une large portion de terre à Pubnico Est,
c’est là qu’il décida de s’établir, sa maison étant à l’époque,
une des premières à avoir été construite dans la première section française
du village du Haut Pubnico Est. Ayant
reçu une éducation de base conventionnelle, il devint autodidacte, et se mit
à parler et écrire le français, l’anglais, le latin et le micmac ; il
pouvait réciter le « Notre Père » dans ces quatre langues.
Après avoir été Juge de Paix en 1838, il fut toujours connu des
habitants français sous le nom de « Simon Square », sic pour
« Squire » (Simon étant prononcé en français). Le
30 juillet 1810, il épousa
Elizabeth Larkin, fille de John Larkin et de Marie Belliveau. Elle rendit l’âme
le 16 février 1830 en donnant naissance à son neuvième enfant. L’année suivante, Simon épousa Elizabeth Thériault de
Meteghan, fille de Charles Thériault, dit « Lecaste » et de
Nathalie Melanson, qui lui donna elle aussi neuf enfants. Simon semble avoir été un homme d’esprit si on se fie à
ce qui été écrit dans sa biographie ; alors qu’il allait sur ses cent
ans, une femme qui lui rendait visite lui demanda combien d’enfants il avait
eu ; il lui répondit : « Dix huit… et si j’avais pu
rencontrer la bonne femme, j’en aurais eu le double. » Il
allait être très actif dans les affaires civiles du Comté de Yarmouth
tout comme son père. En
1836, l’actuel Comté de Yarmouth était séparé du Comté de Shelbourne et
le droit d’élire ses propres Représentants à la
Législature de Halifax fut accordé au district d ‘Argyle.
Simon décida de poser sa candidature contre Thomas Willet d’Argyle. Il
l’emporta par une majorité de 63 votes, ce qui était suffisant à l’époque
pour exiger un recomptage. Durant
cette élection provinciale, un autre Acadien fut élu du nom de Frédéric
Robichaud dans le Comté d’Annapolis, ayant été tous deux les premiers
Acadiens à avoir été élu au Canada à quelque Parlement que ce soit.
Mais lorsque les représentants de la Chambre se réunirent à Halifax,
Robichaud était malade ; c’est la raison pour laquelle Simon
d’Entremont est considéré comme ayant été le premier Acadien à avoir siégé
à une Législature, cela se passait le 31 janvier de l’année suivante.
Robichaud pris son siège plus de trois semaines plus tard, le 25 janvier. Lorsqu’il
fut demandé à Simon d’Entremont, avant qu’il prenne son siège de prêter
le « Grand Serment », lequel avait été publié en 1788, sous le règne
du Roi Georges II, il se mit à lire, et quand il s’aperçut qu’il
aurait à jurer qu’il ne croyait pas au Saint-Sacrifice de la Messe et que la
vénération des Saints était une pure superstition, il remit le document en
place et déclara : « J'avalerais plutôt un chien de mer, la queue la
première, que je jure ça. » Un chien de mer comme
vous devez le savoir, aurait été impossible à avaler compte tenu de ses
tranchants, ces dures nageoires qui pointent vers la queue. Lorsqu’il
fut sommé au nom de la loi de prêter serment, l’officier réalisa petit à
petit que son nouveau membre de l’assemblée Législative en savait
probablement un peu plus à propos de la loi qu’il n’en savait lui-même. En
effet, il savait que le serment en question avait été aboli huit ans
auparavant par le Parlement Britannique, même si les membres étaient toujours
pressés par l’assemblée de prêter ce serment. L’affaire fut portée à
l’attention du Gouverneur Général, qui autorisa qu’à partir de maintenant,
le seul serment qui aurait à être pris serait d’être fidèle aux lois du
pays. Après
avoir prêté ce serment allégé, Simon d’Entremont prit son siège au milieu
des applaudissements de ses collègues qui avaient admiré son courage et à la
grande satisfaction de toute la province pour cette grande victoire qu’il
venait de remporter. Bien qu’Il
ne représenta son district que pour un seul mandat, ce fut suffisant pour
qu’il soit considéré pour le reste de sa vie comme un symbole des libertés
religieuses. Il
meurt à Pubnico Est le 6 septembre 1886 à l’âge de 98 ans. Le père MacLeod, dans les registres de l’église,
enregistre ses funérailles en ces mots : «Simon d’Entremont, enterré
le 10 septembre 1886, en conformité avec tous les rites de l’Église qu’il
servit si bien. Il fut le premier
membre catholique romain à être accepté à l’assemblée Législative
Provinciale. Il refusa catégoriquement de prêter serment contre sa
Sainte Religion. Son ami,
l’Honorable Joseph Howe, l’en dispensa.
Lors de son dernier passage dans le comté de Yarmouth, M.Howe lui rendit
visite et passa la nuit à sa maison.- W.MacLeod. » Ses
restes reposent au cimetière catholique de l’église de l’Immaculée
Conception de Pubnico Est. En 1967,
les habitants français de l’endroit, pour marquer le 200ième
anniversaire de la fondation de leur village et le Centenaire de la Confédération,
érigèrent sur sa tombe l’inscription française suivante, dont je vous donne
la traduction : « SIMON d’ENTREMONT-1788-1886-- : Premier Député
élu à la Législature de Nouvelle Écosse pour la Commune d’Argyle—1837 ;
Premier Acadien à avoir siégé en Chambre—Refusa de prêter le Serment hérétique
d’Allégeance—‘J’avalerais plutôt la queue d’un chien de mer. » Simon
d’Entremont a encore aujourd’hui beaucoup d’arrière petits enfants et
beaucoup d’arrière arrière petits enfants à Pubnico Est et ailleurs. |